Philosophie à Byzance


Philosophie à Byzance
Philosophie à Byzance
    Pendant la période de réveil en Occident, la philosophie, qui, à Byzance même, dans cette ville de juristes et de théologiens, mêlés à la politique, n’a jamais eu grand succès, n’y a alors aucun représentant. Photios (840-897) est un érudit plus qu’un philosophe : il appliqua heureusement son érudition à rassembler, dans un ouvrage intitulé Bibliothèque, des extraits ou des résumés d’ouvrages philosophiques anciens qui nous sont des plus précieux : tout au plus peut-on dire qu’il manifestait quelque indépendance de jugement en préférant à Platon Aristote, dont l’Organon, à commencer par les Catégories et les Topiques, paraît avoir été pour lui le principal ouvrage. Son élève Aréthas (860-932), un Grec de Patras qui fut en 907 évêque de Césarée, fut aussi un érudit qui s’attacha particulièrement à la conservation des manuscrits de Platon.
    C’est sans doute dans les monastères grecs qu’il faudrait chercher ce qui reste de vie spirituelle dans l’Empire, dans ces monastères où un ascétisme, d’une veine toute populaire, directement issu du cynisme, se mêle à la vie contemplative telle que l’a comprise la patristique grecque, « qui, recueillie, continuée et amplifiée par ses héritiers directs et légitimes, est un monde à part, tôt fermé aux infiltrations du dehors ». Encore ne peut-on citer, pour la période qui nous intéresse, aucune initiative nouvelle ; on ne fait que suivre les modèles qui ont été donnés dans la période précédente, en matière d’ascétisme, par saint Nil et saint Jean Climaque, en matière de contemplation, par Maxime le Confesseur, qui suit lui-même Denys l’Aréopagite : et ce n’est pas à Byzance, mais plutôt dans la Syrie et l’Égypte qu’il faut chercher l’origine de ce mouvement : c’est la reprise, non sans doute sans une influence au moins indirecte, du thème platonicien du Phédon : la divinisation de l’âme par une purification des passions qui s’unit à la contemplation de Dieu ; le « saint amour » que le moine cherche à entretenir en son cœur, c’est l’amour pour Dieu, qui, « nous faisant abandonner toute beauté sensible, nous fait adorer sa gloire seule ». Il est aisé de reconnaître, dans cet idéal monastique, quelques traits fonciers de la philosophie grecque, et en particulier celui qui voit en Dieu plutôt un objet aimable qu’un sujet aimant.

Philosophie du Moyen Age. . 1949.

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